Les réponses des auteurs

Publié le par comitedelectureds.over-blog.com

Les auteurs nous écrivent.

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Nous avons décidé de reprendre le fil de cette page abandonnée faute de temps.

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Retour de Dominique Louyot, autrice de "Toucher la Lumière", texte retenu à l'unanimité et sélectionné pour le prix Eclat de Coeurs 2020.

Merci au comité d'avoir retenu mon texte « Toucher la lumière » afin de concourir pour Eclats de cœurs 2020 ! Quel oxygène ! 
Merci à Françoise, Claudie, Michèle. Merveilleuses lectrices ! Leurs fiches sont d'un grand intérêt et montrent bien comment on peut aimer un texte pour des raisons semblables et différentes. On ne prend pas toujours conscience en tant qu'autrice des « résonances » particulières que peuvent engendrer certains choix sur celles/ceux qui les reçoivent. Je parle ici surtout de la violence de « Toucher la lumière » dont je ne mesurais peut-être pas toute la portée.
 
Mais chacune de vous a su malgré tout et à sa façon « chercher derrière ».
Merci encore !
 
Françoise, votre ténacité m'a impressionnée. Vous avez lu 3 fois, et la dernière à haute voix, avant d'être « emportée » !... Oui, la langue que j'ai créée pour ce texte, pour cette traversée n'est pas évidente à lire. En revanche, elle est tout à fait claire quand elle est énoncée/jouée. Limpide.
Avec « Toucher la lumière », je voulais faire un travail sur l'indicible et sur sa violence.
Mais comment dire, comment faire entendre l'indicible ?
J'ai cassé les codes de la construction, il fallait donner du corps, de la force, du sens, du rythme à la langue. La débarrasser de sa gangue, de toutes ses scories (trop de forme dans le français classique) pour faire entendre ce qui est important chez chaque personnage. C'est une langue de l'urgence. Chacun s'en empare à sa manière pour survivre. Y imprime son vocabulaire propre, sa prosodie, son rythme, sa syntaxe. De cette confrontation entre trois générations, naît une « tri-langue », qui, tout en soutenant le texte, va l'actionner et le mettre en abyme. Car la langue révèle et trahit dans le même temps.
Et les slash – comme vous vous le demandiez - sont des respirations. Tout ce texte est écrit comme une partition. C'est ensuite la tâche de l'acteur d'inscrire la logique émotionnelle du personnage dans cette partition.
 
Je suis heureuse de constater que mon propos est clair pour vous. J'y ai beaucoup retrouvé de mes intentions. Ce qui est le cas aussi de Claudie et de Michèle.
Et oui, la forêt est un personnage à part entière. Et ma référence à l'Inferno de Dante dit bien ce que vous en déduisez.
 
Claudie, je pense que certains de vos questionnements vont trouver réponse à travers mon adresse à  Françoise.
Oui, vous avez raison, c'est une allégorie de la vie, une traversée, une descente aux enfers pour mieux renaître ensuite. C'est aussi la violence du monde qui nous entoure, il suffit d'ouvrir les yeux, d'écouter. Et de, malgré tout, se construire, aller de l'avant, espérer, croire.
Le choix du microcosme de la famille est symbolique. Heureusement !
Mais merci de dire que vous avez eu « grand plaisir à lire ce texte, à voyager avec Céleste et sa famille. A découvrir la lumière avec eux. Et à vous employer à toucher la lumière » !
 
Michèle, je suis sensible à ce que vous écrivez : « C'est un texte dur à lire. Il ne m'a pas mise en joie. J'en suis ressortie éreintée. » C'est une « résonance » qui échappe au moment de l'écriture. La portée d'un ressenti n'est pas évidente. Mais, entre les différentes versions de ce texte, je ne pouvais échapper à cet agencement, il fallait suivre ce cheminement pour que la lumière éclate avec d'autant plus d'intensité. C'est un voyage initiatique.
A jouer dans la pièce néanmoins, malgré la « noirceur », il y a de l'humour (surtout pour Céleste), de la dérision et beaucoup d'amour entre tous les personnages.
L'allemand du lied, Die Taubenpost, demeure une empreinte forte de l'identité des deux enfants, de leur passé heureux parce qu'il est sublimé par la poésie, la mélodie (légère et alerte), qu'il est hors temps, et réconciliation. Il donne la lumière dans l'obscurité, celle qui sauvegarde.
Et, comme il y a peu d'instants de grâce dans la pièce, celui-ci doit en être un :
 
Traduction :
J'ai à mon service un pigeon voyageur
Toujours dévoué et fidèle ;
Jamais, il ne manque son but,
Jamais, il ne s'égare.
Chaque jour, plus de mille fois
Je l'envoie chercher des nouvelles,
Survolant maints lieux familiers
Vers la maison de ma bien-aimée (bis).
 
Aussi contre mon sein, je lui garde une place,
Certain du plus beau de ses dons.
Il se nomme... désir ! Le connaissez-vous ?
Le connaissez-vous ?
Le messager des coeurs fidèles.
Aussi contre mon sein, je lui garde une place,
Certain du plus beau de ses dons.
Il se nomme... désir ! Le connaissez-vous ?
Le connaissez-vous ?
Le messager des coeurs fidèles (bis).
 
Pour Ref- You tube - lien à copier : Dietrich Fischer-Dieskau sings Schubert 'Schwanengesang' - 14. Die Taubenpost

Sehnsucht est traduit ci-dessus par désir, ce qui est un peu réducteur : « die Sehnsucht est une sorte de nostalgie dans son sens premier, c'est-à-dire un mal du pays, la nostalgie d'un paradis perdu, mais aussi une émotion en rapport à une certaine incomplétude ou imperfection» - une sorte de « saudade ».
 
Encore merci  à vous trois, à toute l'équipe !
A suivre !... :-)

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